Les critiques...


Parce que je suis ravie d'apprendre ce qu'en pensent les initiés...

Une maman lucide, drôle et intelligente

Paul-François Sylvestre
L'Express de Toronto
29 novembre 2011

En 2010, Véronique Fortin publiait son Journal irrévérencieux d'une mère normale. Elle récidive maintenant avec un Journal (de plus en plus) irrévérencieux d'une mère (presque) normale. À raison d'une cinquantaine d'entrées entre le 3 décembre et le 23 novembre, elle raconte sa vie de mère au foyer, d'épouse de son Homme et, surtout, de maman constamment tiraillée entre Lou, sept ans, et sa petite sœur Gabrielle.

Chaque entrée se lit comme une courte nouvelle.

Il est parfois question d'une mère en zone sinistrée ou d'une mère qui a fait une belle job, d'une mère qui prévient les blessures d'amour-propre ou d'une mère prise de vertige, mais toujours d'une mère qui a trouvé sa place.

Véronique Fortin fait sans doute écho à des situations vécues par tout parent qui élève de jeunes enfants, qui est aux prises «avec des terroristes entre les pattes».

Cette expression revient à plus d'une reprise, mais elle sous-entend toujours une réalité plus amusante que pesante.

Certaines longues questions ont parfois une courte réponse: «Combien de crayons aiguisés, de planchers salis, de capes de héros nouées, de soupirs retenus, de promesses bafouées, de doudous perdues, de draps souillés, de vils chantages, de jus renversés, de ballons soufflés, de matins blêmes, de genoux écorchés, de menaces proférées en vain… De toute évidence, pas encore assez puisque j'en redemande.»

Une maman de jeunes enfants doit toujours donner des ordres. L'auteure en énumère une centaine, dont: «Ne parlez pas toutes en même temps. Ne laissez pas couler l'eau inutilement. Ne touchez pas au miroir. N'écrasez pas votre nez dans la fenêtre. Ne donnez pas de coups de pied dans les sièges.»

Véronique Fortin connaît tous les verbes qui font partie du quotidien d'une mère de famille. Les mamans lectrices se retrouveront aisément dans cette mère qui soigne, mijote, gratte, embrasse, soutient, distrait, menace, gronde, habille, console, souris, explique, organise, bichonne, répète, prévois, chatouille et j'en passe.

Comme c'était le cas dans le premier Journal, le mari n'a pas de nom. Il est «l'Homme».

Il occupe cependant plus de place dans ce second Journal. L'auteure lui donne le beau rôle lorsqu'elle écrit: «C'est beau un homme quand ça répare quelque chose. Ça donne envie de tomber en panne.»

Elle reconnaît qu'«une grosse voix apporte bien davantage qu'une argumentation musclée. Le “eille!” de l'Homme fait peur. Il n'y a pas de doute.»

Quant à la voiture, «c'est toujours l'Homme qui prend le volant puisque même quand c'est moi, c'est invariablement lui qui conduit.»

Véronique Fortin présente une douzaine de savoureuses photos de famille sous forme de courts dialogues. Voici la photo numéro 10:

«– Gabrielle, qu'est-ce que tu viens de faire?

– Rien.

– J't'ai vue.

– J'ai rien fait!

– Tu viens de manger une crotte de nez!

– C'est même pas vrai!

– Elle était sucrée ou salée?

– Salée.»

Comment ne pas sourire devant une telle photo de famille? Comment ne pas être d'accord, aussi, avec le questionnement suivant.

«Je ne sais pas si j'ai envie de rire de la chance que nous avons de vivre cette vie de famille que j'apprécie chaque jour davantage ou si j'ai le goût de pleurer parce que cette même vie va beaucoup trop vite.»

C'est encore avec plus de mordant et de franchise que ce second Journal poursuit une réflexion sur la vie familiale. Nous sommes séduits par l'intelligence, l'humour et la sensibilité d'une maman qui a bien fait d'ajouter à ses nombreux rôles celui d'écrivaine.

Mes lectures

Geneviève Chartier
Magazine MOI & cie
Décembre 2011


Ce que Madame Chose en pense...

Geneviève Pettersen
16 octobre 2011

J'ai lu ton livre d'un trait cet après-midi. Ouf... au début c'était comme quand on a vraiment aimé le premier album d'un groupe qu'on adore. On est forcément déçu par le deuxième. J'avançais dans le livre et je me disais «c'est moins bon que le premier». Tu sais, exactement comme quand on écoute le nouvel album et qu'on se dit à soi-même que rien ne surpassera le premier. Mais j'avais tort. Ce livre est moins édité que le premier. Il y a moins de direction. Mais il résonne plus. Ton écriture est plus précise, aussi. Le texte «D'une mère victime d'un sort» est mon préféré. Non seulement la forme est intéressante mais le fond est criant de réalisme. Et le dernier texte... Je me suis reconnue. Et je me suis retenue pour ne pas verser une larme devant mon chum.

Tu es sans aucun doute une écrivaine. Une vraie. Et j'ai hâte de te lire encore. J'espère que tu n'en resteras pas là. Je suis certaine qu'il y a plein d'histoires en toi qui attendent d'être racontées...et je ne parle pas que des histoires de mère, bien qu'elles soient formidables. Allez, avoue que tu as envie d'écrire de la fiction...


Journal (de plus en plus) irrévérencieux d'une mère (presque) normale

PauseLecture.net
13 octobre 2011

Ayant pris la décision de rester à la maison afin d'être plus présente pour sa famille, Véronique vit à la campagne avec l'Homme et ses deux petites filles âgées de cinq et sept ans. Elle nous offre dans ce livre des extraits du blogue qu'elle avait créé lors de sa première grossesse afin de briser sa solitude.

Dans ce journal, l'auteure nous raconte avec beaucoup d'humour des tranches de sa vie quotidienne avec ses petites terroristes, comme elle les appelle. Mais elle partage aussi avec nous ses doutes, ses questionnements et le ras-le-bol qu'elle éprouve parfois en tentant d'être toujours la mère et la femme parfaite. Le dernier texte qui parle de son postpartum foudroyant est très touchant.

Un récit dont la lecture est très agréable et dans lequel se reconnaîtront toutes les mamans.

Journal (de plus en plus) irrévérencieux d'une mère (presque) normale

Stéphanie Asselin
Saguenay Rouge 96.9 fm
7 octobre 2011

Un livre réconfortant pour toutes les mamans de ce monde. Vous arrive-t-il d'avoir envie de passer la journée couchée sur le sofa à écouter des films? Malheureusement la «dure» réalité de maman vous ramène sur terre. Sachez que vous n'êtes pas seule! Vous trouverez réconfort dans le livre de Véronique Fortin (Auteure de St-Honoré) Journal (de plus en plus) irrévérencieux d'une mère (presque) normale.

Véronique Fortin a fait le choix de rester à la maison pour s'occuper de ses deux petites filles. De façon à garder un lien avec le monde, briser l'isolement, exprimer les moments en dents de scie que ce quotidien lui impose, elle a créé un blogue qui a maintenant son lot d'habitués à travers le monde. Séduits par l'intelligence, l'humour et la sensibilité de Véronique Fortin, ses lectrices et lecteurs suivent ses péripéties avec une étonnante fidélité.

Exercer une quelconque censure sur ce Journal l'amputerait de son principal intérêt : la franchise. C'est dans les moments les plus difficiles que la nature humaine se révèle, fragile et forte à la fois. Véronique Fortin saisit à bras le corps tout ce que la vie lui offre et le partage avec une touchante lucidité. Ce second Journal poursuit une réflexion fondamentale sur nos valeurs contemporaines avec encore plus de mordant et de franchise

J'ai adoré, je n'ai pas encore d'enfants mais je suis certaine que toutes les mamans de ce monde vont apprécier.

Cinq questions à Véronique Fortin

Karine Vilder
Journal de Montréal
7 octobre 2011


Avec son Journal (de plus en plus) irrévérencieux d'une mère (presque) normale, paru récemment aux Éditions de la Bagnole, Véronique Fortin exprime tout haut ce que la plupart des mamans pensent tout bas!


À VOTRE AVIS, POURQUOI LES BLOGUES OU LES JOURNAUX INTIMES DE MAMANS DÉBORDÉES SONT-ILS À CE POINT POPULAIRES EN CE MOMENT ?

Ils fonctionnent bien, car ils sont honnêtes en parlant, entre autres, des mauvaises journées. Si j'écrivais un blogue pour me complaire dans mon rôle de mère, ça n'aurait plus de sens. Le mien est d'ailleurs né parce que je pensais être la seule à vivre ça aussi inadéquatement.


PENSEZ-VOUS QU'IL EST PLUS DIFFICILE QU'AVANT D'ÊTRE MAMAN?

Dans le temps, il y avait un filet social (tantes, cousines, voisines, etc.) qui permettait de combler les manques et d'alléger la routine des mères alors que maintenant, on est seule…


QUELLES SONT LES HISTOIRES QUE VOUS PRÉFÉREZ RELATER?

Celles qui font réagir, qui arrivent à brasser certaines convictions au niveau de l'implication parents enfants. Je crois également qu'en allant dans le très personnel pour décrire les doutes ou les sentiments qui nous habitent, c'est là qu'on rejoint le plus de gens.


AVEZ-VOUS HÂTE QUE VOS FILLES PUISSENT LIRE VOTRE BLOGUE OU VOS LIVRES?

Il y a certains textes que je leur permets déjà de lire. Quand il y est question d'échanges entre parents et enfants par exemple. Mais quand je parle des doutes qui viennent avec la maturité, je ne suis pas prête. Je veux qu'elles restent des petites filles le plus longtemps possible!


EST-CE QU'ON VA AVOIR LA CHANCE DE LIRE PÉPINE SUR UN FIL PENDANT ENCORE QUELQUES ANNÉES?

Je suis en train d'y réfléchir sérieusement, car mes filles grandissent. En vieillissant, je ne suis pas sûre qu'elles vont apprécier que les gens en sachent autant sur elles…

Journal (de plus en plus) irrévérencieux d'une mère (presque) normale

Jean-François Crépeau
Le Canada français
30 septembre 2011

Il y a d'abord eu Caroline Allard et ses Chroniques d'une mère indigne, version papier, numérique, web télé ou télé tout court. Puis, Véronique Fortin a pris le relais avec son Journal irrévérencieux d'une mère normale dont elle prolonge maintenant le discours révélateur, toujours illustré par Rémy Simard. Mais qu'ont à se plaindre les mères du 21e siècle? Ne tirons pas sur la messagère Fortin, car elle ne fait qu'illustrer, avec ironie, la réalité des mamans d'aujourd'hui. Vie de couple, enfants, travail hors du foyer, engagements familiaux ou professionnels, etc.: le poids du titre de mère n'a jamais été si lourd et la femme n'en est pas la seule responsable. C'est ce que raconte Véronique Fortin avec un tel talent qu'on ne sait plus où et quand rire ou pleurer. À lire absolument!

Les zestes... 

Josée Blanchette
Le Devoir
30 septembre 2011

Josée Blanchette écrit avoir souri en feuilletant anarchiquement Journal (de plus en plus) irrévérencieux d'une mère (presque) normale (La Bagnole), le second tome de ces chroniques qui rappellent une autre mère indigne. Véronique Fortin élève ses deux filles, reste à la maison et nous raconte les anecdotes intelligentes (il en reste, heureusement) de son quotidien. C'est délicieux, tout à fait juste, et toutes les célibataires devraient lire ça avant de décider de mettre un terme à leurs grasses matinées pour se lancer dans la grande aventure de la maternité. Je sais, l'instinct, c'est fort. Ce n'est qu'après qu'on le réalise..

Planète mères

Silvia Galipeau
La Presse
26 septembre 2011

Non, mais qui l'eût cru? Qu'un blogue de maman, relatant le quotidien somme toute banal d'une mère au foyer de la campagne québécoise, aurait un retentissement jusqu'en Ukraine, en Allemagne, même en Afrique du Sud? Le succès est tel que la principale intéressée s'avoue complètement dépassée. Mais qu'est-ce qui unit ainsi toutes les mères de la planète? Réflexions spontanées, entre deux brassées, un café, et un dîner à préparer...

«Mon blogue (Pépine sur un fil) existe parce que j'avais envie de partager un peu ma routine, ma vie entre quatre murs, avec mes amis. Mais quand j'ai réalisé que j'étais lue dans une quarantaine de pays, j'ai été dépassée rapidement», avoue tout candidement Véronique Fortin, blogueuse et désormais auteure du deuxième tome du Journal (de plus en plus) irrévérencieux d'une mère (presque) normale, aux éditions de la Bagnole, en librairie ces jours-ci.

«La première fois que quelqu'un m'a écrit de l'extérieur du Canada, je n'y croyais pas! Je ne connaissais même pas ce pays!», poursuit-elle en riant au bout du fil. Et que dire de cette mère venue la rencontrer les yeux pleins d'eau, lors d'un salon du livre. «Elle est venue me voir pour me dire que je lui avais tenu la main pendant son congé de maternité!» Récemment, Véronique Fortin a même reçu un témoignage d'Afrique de l'ouest. «Cette mère est en Afrique, elle me lit, et elle se reconnaît!», s'étonne l'auteure, qui a aussi son lot de lecteurs «réguliers» qui lui écrivent toutes les semaines et lui envoient même leurs photos de famille. «Ça me dépasse un peu. C'est vraiment gratifiant, mais j'ignore pourquoi ce que j'écris vient les chercher tant que ça.»

Il faut dire que la jeune mère de 36 ans, dont les deux «terroristes», Gabrielle et Lou, ont maintenant 5 et 7 ans, raconte avec une plume épurée, pleine de sincérité, sa vie de famille: son choix de rester à la maison, ses doutes, ses faiblesses aussi, sans oublier ses victoires. Tout y est, dans l'ordre et le désordre: son abnégation, son besoin de répit, les punitions, la culpabilité, et puis les moments de grandes émotions, aussi. Un exemple? «Vous faites aussi des crêpes, pour vous racheter?», demande-t-elle en se consumant de regrets, après avoir sévi un peu beaucoup trop sévèrement...

«Je ne cherche pas le punch final à tout prix. Mes journées ne sont pas toujours croustillantes. Il y a un côté vrai qui touche beaucoup de mamans, je crois.» D'où l'écho, avance-t-elle.

«Pour les gens qui me lisent, j'existe «autrement». Souvent, il leur est difficile de partager leurs doutes, leurs questionnements, parce que cela ferait peut-être trop peur à leurs proches. C'est beaucoup plus facile d'échanger avec une étrangère, c'est moins impliquant, il n'y a pas de risque de décevoir.»

Et Dieu sait si les mères ont peur de décevoir. Véronique Fortin en sait quelque chose. Dans un chapitre très touchant, elle raconte son propre post-partum: «foudroyant». Avant de craquer, Véronique Fortin, elle aussi, a tout fait pour préserver les apparences. «Si on me venait en aide, j'avais l'impression que cela voulait dire que j'étais vraiment inapte. Je préférais me taire, parce que cela voulait dire que j'avais réussi. Je crois que les femmes qui m'écrivent ont l'impression que si elles s'ouvraient à d'autres, elles s'accuseraient aussi de ne pas réussir [...] Pour paraître au-dessus de ses affaires, on est prêtes à accumuler beaucoup. C'est profondément triste», laisse-t-elle tomber.

Les mots des maux

Vrai, les ouvrages et autres blogues sur l'envers de la maternité occupent des sections entières en librairie ces jours-ci. Et ce, depuis plusieurs années déjà. De Mommy Myth à Bitch in the House, en passant par les Chroniques d'une mère indigne, toutes les mères en mal de compagnie ont de quoi s'alimenter. «On ne peut pas se lasser d'être rassurées dans la vie», croit d'ailleurs Véronique Fortin. Mais est-ce suffisant? «On parle de l'envers de la maternité, mais dans la pratique, c'est complètement autre chose, poursuit l'auteure. Les femmes veulent être performantes. Si elles choisissent d'être à la maison et qu'en plus elles se plantent, ça va vraiment mal. Puisque les gens s'imaginent qu'elles n'ont vraiment que ça à faire...»

L'auteure interroge à ce sujet souvent sa grand-mère: non, mais comment vous faisiez, avec tous vos enfants? «On le faisait parce qu'on n'avait pas le choix», point. Ironiquement, la même grand-mère trouve les textes de sa petite-fille drôlement ennuyants! «Elle est passée à autre chose. Elle a pris suffisamment de recul. Elle a sûrement raison, ça ne vaut peut-être pas le coup de s'en faire tout un plat! On s'en fait tellement trop, on réfléchit trop, on en sait trop. S'il ne pouvait y avoir que notre instinct...»

*ILLUSTRATION: LA PRESSE


Rigide, comme un service de garde!

Nadine Deschesnaux
Les (Z)imparfaites
26 septembre 2011

J'adooore l'école et l'équipe de maternelle dynamique de l'école de JeuneHomme. Franchement! Ça m'impressionne. Le problème? Leur service de garde. Encore. Je dis "encore" car j'avais déjà goûté à leur dictature stricte quand MissLulus fréquentait cette école. Mauvais souvenir. Étant positive, je me disais qu'il avait dû évoluer lui-aussi. Mais non. Toujours aussi fermé. Toujours aussi rigide.

Durant la première semaine d'école, j'explique à l'enseignante de JeuneHomme notre mode de fonctionnement concernant la garde des enfants. J'ai préparé un super calendrier avec les indications d'où et comment il retourne à la maison chaque soir. J'ai préparé des petits cartons avec des dessins (autobus jaune VS pleins de petits bonhommes et des jeux pour illustrer le service de garde) qu'on va accrocher chaque jour sur son sac à dos pour que visuellement JeuneHomme sache où il va. Je le connais, JeuneHomme. Il a besoin de savoir le matin même où il va, pas deux jours d'avance, ça le mélange! Je mets même un autre calendrier broché à l'agenda de JeuneHomme pour que tout le monde puisse s'y référer.

Réaction de l'enseignante: «Pas de problème! C'est clair! Donnez-moi un calendrier par mois et on va suivre cela. Je vais le transmettre au service de garde. C'est le même système de garde que j'avais avec mes enfants quand ils étaient petits!» Hourra! Je croyais que c'était gagné!

Ehhhhhhhh non! J'ai eu droit à un appel catastrophé de la directrice du service de garde. «On peut pas suivre cela! C'est trop compliqué pour l'enfant.» Déjà là, ne mets pas la faute sur l'enfant. Dis tout de suite que c'est trop compliqué pour toi. JeuneHomme ne trouve pas cela compliqué de suivre ce qui est écrit sur son sac à dos! Je commençais déjà à bouillir...

«Moi, il me faut des semaines PA-REILLLES quand il va chez papa et quand il va chez maman!»... Euhhh? C'est quoi? Tu penses qu'on va virer notre mode de garde pour toi, pour satisfaire ton service de garde?

Et voilà qu'en plus, jqui émet des commentaires sur notre mode de garde: «C'est un peu compliqué votre affaire!». En émettant comme un petit rire qui laissait sous-entendre beaucoup.... Comme «Ça ne toffera pas!». Désolée! On entame la troisième année scolaire et ça va très bien! Et là, elle renchérit en disant que «C'est compliqué. On ne saura jamais où est l'enfant. On va se demander si c'est correct. On ne saura pas où l'envoyer le soir. Je ne pourrai pas faire mes listes.»

Je dois en avoir manqué des bouts. Les services de garde ne sont pas supposés nous aider, nous faciliter la vie, encourager la conciliation travail/famille? En aucun cas, j'ai senti qu'on allait m'aider. Non! J'ai eu la nette impression que c'était compliqué mon truc, un point c'est tout. Jamais eu une offre pour me dire «Venez! On va regarder cela ensemble et trouver une solution.» Jamais. Toute la faute sur les parents. Aucune souplesse. Aucune flexibilité. Une vraie dictature... c'est à croire que le système de garde mène l'école, les parents, le monde!

Je suis un peu à boutte. C'est compliqué? Peut-être! Pas conventionnel? J'en conviens! Pas facile? Bien sûr... mais j'ai pas choisi de vivre dans la facilité, j'ai choisi de vivre une vie qui nous ressemble. Et c'est pas de ma faute si leur système informatique qui font les listes de présences et donc leur facture (ils ont bien peur qu'on ne les paie pas, je crois!!) n'a qu'un seul modèle de facturation. Je trouve cela poche de m'être fait dire à demi-mot que ce serait plus simple si JeuneHomme y allait tout le temps! J'en revenais pas. Et ensuite, on dit que les parents ne passent que trop peu de temps avec les enfants... Non! Il n'ira pas si on n'en a pas besoin!

Ce ne serait pas le temps de créer un système informatique qui leur permettrait d'être plus dans l'air du temps. Il n'y a pas que les enfants en garde partagée non conventionnelle qui doivent avoir des problèmes avec le service de garde. Il y a tout ces cas de parents travailleurs à des horaires atypiques. Eux-aussi doivent en baver avec le service de garde! On n'est plus dans la réalité (facile et pas compliquée) du travail pour tous de 9h à 17h... On n'est pas tous pareils.

Et puis, en lisant Le journal (de plus en plus) irrévérencieux d'une mère (presque) normale de Véronique Fortin (excellent, encore mieux que le premier, soit dit en passant!) , je suis tombée sur un extrait qui m'a touchée. En visite chez le médecin, la MèreNormale a reçu un commentaire plate du spécialiste laissant sous-entendre que si sa fille était allée au service de garde comme tout le monde, elle ne serait pas si malade en commençant l'école. Quel charmant homme! J'ai toutefois plus adoré ce que Véronique s'est dit «Non. Pas ça. Pas ça encore. À ce moment, j'ai su que je pouvais tuer la prochaine personne qui remettrait en cause ce choix que j'ai fait et que j'assume depuis la naissance de mes enfants.» (Lisez son livre... ça fait du bien!)

C'est bien plate, mais je ne changerai pas. Mes enfants sont heureux de pouvoir voir leurs deux parents souvent. À chaque début d'année, on leur a demandé s'ils voulaient que ça continue ainsi (une semaine/une semaine avec un soir chez l'autre parent). Ils ont dit «oui». C'est eux qui sont le plus important. Pas le service de garde. Et je continuerai donc d'être celle qui ne fait pas comme les autres. Que ça plaise ou non au service de garde.

Post-partum baby-boom

Joël Martel
Journal Voir
22 septembre 2011

Près d'un an jour pour jour après la sortie de son premier livre, Véronique Fortin récidive avec Journal (de plus en plus) irrévérencieux d'une mère (presque) normale.

Par un beau matin, Véronique Fortin a envoyé candidement un simple courriel dans lequel elle invitait Les Éditions de la Bagnole à jeter un coup d'oeil à son blogue. Deux heures ont suffi pour qu'elle se retrouve précipitée dans le monde de l'édition. Exit, donc, les histoires classiques du manuscrit envoyé désespérément un peu partout par dizaines d'exemplaires.

Cette bousculade couplée à un passé littéraire inexistant chez Fortin a donné lieu à des débuts plutôt déroutants. "L'an passé, après avoir fait paraître mon premier livre, j'ai dû participer à une table ronde à l'occasion du Salon du livre où je n'ai pas du tout performé. C'était animé par Stanley Péan, et déjà en partant, pour moi, ça ne marchait pas. Ça avait commencé par un tour de table et la question était: "Quel genre de nouvelles lisez-vous?" J'ai répondu du tac au tac: "Je ne lis pas de nouvelles, je trouve ça plate." C'est pas bon. J'ai pas de censeur. J'ai un problème de sérotonine. Si je te dis: "Si tu continues, je vais te frapper", je vais te frapper."

Beaucoup de chemin a été parcouru depuis ce baptême médiatique. C'est aussi pourquoi ses éditeurs lui ont donné le feu vert quant au choix des extraits qui constituent son deuxième bouquin, Journal (de plus en plus) irrévérencieux d'une mère (presque) normale. Plus qu'un simple partage de billets parus sur le Web, la transition de ceux-ci vers le livre implique un réel exercice d'adaptation. "Quand je relis ce que j'ai écrit l'année passée, je réalise que je ne peux pas laisser ça de même. En plus, le travail que je fais, c'est un peu vicieux. Je fais ça chez nous, dans le fond du bois, je suis en pyjama, j'ai les enfants qui courent dans la maison et j'écris. Comme mon site n'est pas un vrai blogue et qu'il n'y a pas d'échanges directs, à part quelques courriels que je reçois de temps en temps, je fais ça au jour le jour et j'ai l'impression d'envoyer ça dans l'univers. C'est une bonne chose, car ça me permet de ne pas me censurer. Je ne suis pas consciente des répercussions."

D'ailleurs, Fortin avoue humblement que le souci d'authenticité a toujours été le moteur de cet effort de sélection auquel elle s'est livrée. "Quand tu arrives d'un voyage, tu ne fais que montrer les belles photos. Si tu es allé à la plage, tu ne montreras pas les photos de ton kid qui pleure au bord de l'eau parce qu'il a perdu sa pelle. Mais moi, j'ai décidé de toutes les montrer. C'est pour ça qu'il y a des passages où c'est plus creux."

Fortin est tout à fait consciente des conséquences de ce choix éditorial. Son premier ouvrage lui en a déjà donné un avant-goût. "Il y a des gens qui ont été choqués par le côté intime que je dévoilais à propos de mes enfants. Mais je vois ça autrement, c'est plus un héritage. Si un jour une de mes filles m'en veut, c'est qu'elle n'aura rien compris. C'est parce que je les aime que j'ai décidé de faire ça. En fait, c'est la plus grosse photo de famille que je puisse leur offrir."

Parmi ces photos, Fortin ose même traiter du sujet délicat de la dépression post-partum dont elle a souffert. "Avant d'avoir mon premier enfant, je me disais que le post-partum, c'était un gros mythe et que les filles qui en souffraient, c'étaient celles qui étaient plus à bout que les autres et qui abandonnaient, mais non. C'est pas vrai. Ça te pogne par en arrière et c'est pas long. Les gens venaient me voir et me disaient d'en profiter, car c'était le plus beau bout, et j'avais seulement envie de leur dire: "Va chier. Je ne me lave plus, la maison pue, il n'y a que des fonds de bouteilles sales partout… Imagines-tu la marde qui s'en vient?""

En fait, le plus beau bout, c'est quand toutes ces aventures atterrissent entre nos mains et que nous avons le bonheur de le lire.



La plume exprime les frustrations

Roger Blackburn
Progrès-Dimanche
18 septembre 2011

Elle s'est cantonnée dans un petit chalet à Saint-Honoré pour élever ses deux filles. Le poids des responsabilités de la nouvelle mère se faisant sentir, elle s'est défoulée sur un blogue de mamans pour libérer ses frustrations. C'est là que tout a commencé. Les autres mamans qui lisaient ses aventures de mère au foyer lui ont dit d'aller plus loin dans ses propos et c'est alors que Véronique Fortin a lancé son blogue du Journal irrévérencieux d'une mère normale (www.pepinesurunfil.com) qui a donné naissance cette semaine, à un deuxième livre publié aux Éditions de la Bagnole.

La maman a le don de l'image et ça se ressent dans toutes ses anecdotes. "Si une paire de bas laisse des marques sur la peau je ne feel pas bien", dit-elle le plus sérieusement du monde, alors vous vous imaginez ce qui se passe dans les mille et une émotions que peut faire vivre un enfant à sa mère? Quand les enfants sortent de l'autobus scolaire, le jour où la petite arrête de respirer, les séances de bricolage qui se terminent en cris, des enfants qu'elle surnomme ""la bête"", un conjoint qu'elle appelle "l'Homme", des journées qui se terminent dans les pleurs et qui commencent avec des crêpes pour atténuer les regrets et se faire pardonner d'avoir levé le ton la veille deviennent des aventure que les mamans adorent lire et se faire raconter ce qui se pase même dans leur foyer.

Son deuxième livre est sorti en librairie le 15 septembre dernier et sera lancé officiellement dans le cadre du Salon du livre régional le 1er octobre. La maman compte écrire un livre pour enfant dans les prochains mois, ses petites filles Gabrielle et Laurence âgées de 5 et 7 ans lui ayant inspiré quelques réflexions.

Pour l'instant, se sont les petites et le conjoint qui sont sous les feux de la rampe, car les filles sont devenues des personnages très connus alors que "l'Homme" récolte au travail les commentaires des mamans habituées au blogue. "La mère", elle, reste cantonnée dans sa maison de campagne comme une ermite, elle sortira le premier octobre pour des séances de signature lors du Salon du livre.


Le deuxième journal audacieux d'une mère (presque) normale

Élizabeth Dupont
14 septembre 2011

Il y a un peu plus d'un an, Véronique Fortin lançait le Journal irrévérencieux d'une mère normale, conçu à partir de billets publiés sur son propre blogue. Il s'est avéré que la mère de Saint-Honoré, qui a décidé de rester à la maison, n'est pas la seule à se questionner sur sa façon d'être maman. Elle a même su toucher le public, au point d'écrire un deuxième journal de plus en plus irrévérencieux, qui paraît ce jeudi 15 septembre.

Maman à temps plein de Lou, sept ans et Gabrielle, cinq ans, Véronique Fortin partage son quotidien via son blogue personnel, depuis quelques années déjà.

C'est à la suite des encouragements de son entourage, qu'elle a pris le taureau par les cornes et lancé un recueil de ses aventures, en 2010.

Nous avions alors rencontré une maman stressée par tout ce qu'implique un lancement.

« J'avoue que ça me faisait peur à ce moment là. Je m'excusais presque d'avoir écrit mon livre quand j'en parlais dans les Salons du livre. Là, cette année, je suis prête et je m'assume plus. J'ai moi-même choisi les textes qui font partie de ce deuxième journal, il m'appartient davantage », explique celle qui a visiblement pris beaucoup d'assurance au cours des derniers mois.

De plus en plus irrévérencieux

Ce deuxième livre est un peu la suite des choses et du quotidien de l'auteure, qui cette fois-ci nous parle davantage à cœur ouvert, se laissant même aller, à la toute fin, à aborder son propre syndrome du postpartum, après l'accouchement de son premier enfant.

« Je voulais en parler dans le premier, mais on m'avait suggérer d'attendre, d'y aller en douceur. Je tenais à partager cette tranche de ma vie, parce que j'ai écrit ce que j'aurais aimé lire quand j'étais là-dedans », rappelle l'auteure.

Elle indique que son premier livre-témoignage, a donné lieu à certains échanges très enrichissants et même une conférence à la Maison des familles, une expérience qu'elle espère répéter.

Et la suite ?

Si Véronique Fortin désire continuer à coucher son quotidien sur papier, tout en demeurant maman à temps plein, elle avoue que la tâche se complique au fur et à mesure que ses enfants grandissent.

« C'est leur vie à elles que j'expose. Quand elles étaient plus jeunes, c'était drôle, mais à sept ans, ma plus grande commence à se poser des questions et à forger sa personnalité. Il faudra que je pense à arrêter tout cela à un moment donné ».

En attendant, vous pourrez vous procurer son plus récent journal et la rencontrer au Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean, où il y aura un lancement, le 1er octobre à 16h30.

Maman au lancement

Comme elle se sent davantage à l'aise dans son rôle d'auteure et de maman, Véronique Fortin souligne que cette année, vous pourrez la rencontrer elle, mais aussi toute sa petite famille.

"Mes filles et mon conjoint sont très fiers de moi. D'ailleurs cette semaine, quand j'ai reçu mon livre, Gabrielle s'amusait à faire semblant de le lire très attentivement en me disant Maman c'est vraiment full bon"!

Elle avoue, en terminant, qu'elle a très hâte de rencontrer le public, alors que les enfants tourbillonneront autour d'elle, tout en tirant sur sa belle robe neuve...

*Crédits Photo: Élizabeth Dupont - Le Réveil


Nouveau bébé pour une mère (presque) normale

Marie-Danielle Roy
Le courrier du Saguenay
13 septembre 2011

L'an dernier, Véronique Fortin s'est fait connaître avec son «Journal irrévérencieux d'une mère normale». La blogueuse récidive avec «Le journal (de plus en plus) irrévérencieux d'une mère (presque) normale» qui sort en librairie cette semaine.

Nous avions rendez-vous un après-midi. La veille, Véronique Fortin téléphone et se confond en excuses. Un imprévu l'oblige à reporter l'entrevue. Lors de notre rencontre, elle confesse la cause de son faux bond. «À l'école de mes filles, on manquait de parents bénévoles pour l'épluchette de blé d'Inde! J'y suis allée… Il faut bien que je sois conséquente avec tout ce que je dis et écris!». Quel légitime et délicieux prétexte! Une fois de plus, son rôle de mère allait passer avant tout le reste. Et c'est très bien. La trentenaire a toujours respecté ses besoins et ses priorités.

«Autant au cégep qu'à l'université, j'ai toujours suivi seulement les cours intéressants. Je n'ai peut-être pas de papier mais j'ai fait ce que j'ai aimé…».

Maman à plein temps

Il y a plusieurs années, Véronique Fortin décide de devenir mère à plein temps. Et elle troque la moto pour la poussette! «Je ne connaissais pas d'autres mères à la maison. Je me pensais seule. Un jour, j'ai visité un forum de discussions, pour échanger avec d'autres mamans. Plusieurs me disaient avoir hâte de me lire à nouveau. Cela m'a encouragé». Puis, Véronique décide de créer un blog afin de livrer ses états d'âme à son frère vivant en Europe et à quelques amies.

«C'est une très belle aventure arrivée un peu par accident. Comme je pensais être lue que par des intimes, je ne me censurais pas. Je ne croyais jamais que ça allait prendre une telle ampleur. Maintenant, j'ai des lecteurs dans plus de 30 pays!».

Censure

Quand l'idée lui vient de convertir ses chroniques quotidiennes en livre, elle voit sa proposition acceptée par les Édition de la Bagnole. «Pour le premier recueil, c'est l'éditeur qui a choisit les textes. Pour le deuxième, il m'a dit, paye-toi la traite ma grande! Il a accepté tous les textes que je lui avais proposés». Cette fois, la maman s'est rendue dans les derniers retranchements de sa vie intime. «J'ai poussé mes textes plus loin, jusqu'au bout de mes émotions. C'est beaucoup plus «crunchy». Le dernier texte qui porte sur le post-partum, est le plus important, le plus personnel». Une seule phrase donne le ton: «Elle avait neuf semaines quand on m'a internée, victime d'un post-partum foudroyant». Une réalité souvent taboue, livrée ici avec courage et humilité.

Fini le syndrome de l'imposteur!

Avec ce nouvel opus, Véronique Fortin est enfin guérie du fameux syndrome de l'imposteur. «Le premier livre, je n'avais pas l'impression qu'il méritait d'être publié. Par contre, le nouveau, je l'assume, il est plus personnel. J'ai écrit le livre que j'aurais aimé lire à l'époque. Maintenant, je me donne le droit d'avoir d'autres projets!».

Véronique Fortin, une maman et une auteure (presque) normale !






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